AVERTISSEMENTS
AGRICOLES

POUR DE BONNES PRATIQUES AGRICOLES

Champagne-Ardenne

Bulletins Techniques des Stations d’Avertissements Agricoles n° 672 du 19 octobre 2005 - 4 pages

Colza

Stades : 5 feuilles à décollement de la tige.
6 à 8 feuilles pour la majorité des parcelles.

Ravageurs
L’activité des ravageurs s’est nettement ra-
lentie depuis la semaine dernière (manque
d’hygrométrie et températures plus fraîches)..
Les  grosses  altises  ne  sont  pratiquement
plus capturées et les premières larves sont
observées.
Les vols de charançons, baris et méligèthes
ont été très faibles. A noter que des galeries
de mouches mineuses sont parfois très fré-
quemment observées sur feuilles.
- Charançon du bourgeon terminal : Malgré
le peu de captures cette semaine, les charan-
çons  sont  encore  piégés  sur  une  grande
partie de notre réseau d’observation et sont
présents dans tous les secteurs.
La majorité des femelles ne sont pas encore
prêtes à pondre, mais les oeufs sont en cours
de maturation.
Compte-tenu des conditions climatiques an-
noncées pour les prochains jours, il ne de-
vrait pas y avoir de nouveaux vols colonisa-
teurs importants avant les prochains dépôts
de  pontes.
- Pucerons : Les populations évoluent peu,
et on observe de plus en plus de momies de
pucerons  parasités.

- Chenilles défoliatrices, grosses altises et
pucerons : Un traitement spécifique est main-
tenant inutile.
- Charançon du bourgeon terminal : Une
intervention doit être réalisée avec un py-
réthrinoïde avant la fin de cette semaine.

Céréales

Stades : germination à 2 feuilles pour les
semis précoces.
Ravageurs
- Pucerons - JNO :  Les pucerons sont encore
rares en parcelle et, après une activité impor-
tante la semaine passée, ont peu volé cette
semaine (voir courbe page suivante).
Les conditions météorologiques annoncées
pour les jours à venir seront à nouveau défa-
vorables à leur activité.
D’après  nos  analyses  sur  pots  d’orge,  le
pouvoir virulifère des pucerons semble hété-
rogène selon les sites.
D’après  nos  données  et  celles  du  réseau
«pucerons vigilance» de Bayer, on peut tou-
tefois considérer qu’il est moyen à élevé cette
année, il conviendra donc de ne pas laisser
les pucerons s’installer en cas d’arrière sai-
son ensoleillée.
· Il est encore trop tôt pour intervenir.
- Cicadelles : L’activité des cicadelles se
poursuit plus doucement cette semaine, tou-
jours principalement dans le Barrois.
· Sur les parcelles en cours de levée cette
semaine, une intervention peut être réalisée
dès réception du bulletin sur les parcelles à
risque (parcelles abritées, en situation chau-
de : orientées vers le sud, présence de cailloux
ou de pailles en surface et sans protection
gaucho).
Sur les parcelles à risque en cours de levée
la semaine dernière où une intervention a
déjà été réalisée, une ré-intervention peut
être envisagée si le blé est encore aux stades
«1 feuille» à «2ème feuille enroulée».
- Divers : A noter que de nombreux diptères
(«moucherons») et micro-hyménoptères sont
observés dans les céréales. On observe éga-
lement des piqûres de nutrition d’Agromyza
et, plus localement, des pullulations de larves
de bibions (inoffensives à l’automne).
· Il est inutile d’intervenir.

Prochain
bulletin prévu le
26 octobre.

COLZA
Intervention insec-
ticide à prévoir con-
tre le charançon du
bourgeon terminal.
CEREALES
- Pucerons : situa-
tion calme.
- Intervention à pré-
voir  contre 
les
cicadelles dans les
parcelles à risques.
- Note SPV - Arvalis
: zabre (2/2)
MAÏS
Penser au broyage
et à l’enfouissement
des résidus de cul-
ture.
LUZERNE
Campagnols  par-
fois nombreux.

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DRAF
Service Régional de la
Protection des Végétaux
Centre de Recherches
Agronomiques
2, Esplanade Roland
Garros - BP 234
51686 REIMS Cedex 2
Tél : 03.26.77.36.40
Fax : 03.26.77.36.74
E-mail : srpv.draf-
champagne-ardenne@
agriculture.gouv.fr

Imprimé à la station
D'Avertissements
Agricoles  de
Champagne-Ardenne
Directeur gérant :
Michel COLLOT
Publication  périodique
C.P.P.A.P
n°0905B05572
ISSN  n°0996-9861
Tarif courrier : 75 euros
Tarif fax : 74 euros
Tarif mail : 73 euros

Diffusion en collabora-
tion avec la FREDONCA
(Art. L252-1 à L252-5 du
Code Rural)

Vol à la Tour à succion de Lavannes-51 de Rhopalosiphum padi (vecteur de la JNO)

Rho.padi 04
Rho.padi 05

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900
800
700
600
500
400
300
200
100
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01/09/2005

08/09/2005

15/09/2005

22/09/2005

29/09/2005

06/10/2005

13/10/2005

Maïs

Les premières données de la prospection pyrale d’automne donnent
des populations de pyrales relativement importantes dans les sec-
teurs traditionnels de l’Ouest du Rethelois et du Tardenois dans la
Marne et les Ardennes, et dans le Chaourçois et la périphérie du lac
de la forêt d’Orient dans l’Aube.
Dans ces secteurs, il est particulièrement important de broyer et
enfouir les résidus de récolte vis à vis de la pyrale puisque cette
simple  pratique  culturale  permet  de  réduire  de  plus  de  75%  les
populations de ravageurs. Mis en oeuvre à l’échelle de la petite
région, elle permet le plus souvent d’éviter un traitement l’année
suivante.

Luzerne

Dans tous les secteurs, cependant, cette pratique permet en outre de
piéger les nitrates à l’automne et de limiter fortement l’érosion sur
les sols en pente.

Son effet est de plus très intéressant sur la destruction de l’inoculum
de fusariose préjudiciable à la qualité sanitaire des blés ou maïs
suivants (production de mycotoxines).

CAMPAGNOLS : Depuis plusieurs semaines, des populations im-
portantes sont à nouveau observées cet automne, avec des dégâts
parfois déjà bien visibles.
- On rappelle (voir point complet dans le bulletin n° 644 du 14
décembre 2004) que contre ces rongeurs, les méthodes de lutte
culturales préventives (maintient d’une végétation rase, déchauma-
ge et ramassage ou broyage des pailles après récolte, entretient des
prairies...) et curatives (déchaumage des champs infestés) sont à
privilégier.
- Si la lutte chimique s’avère nécessaire, elle ne peut se faire qu’avec
des grains de blé enrobés de chlorophacinone.
Une intervention n’est alors efficace que si les campagnols sont
amenés à consommer les grains par manque d’autres sources de
nourriture, donc soit avant la levée des céréales, soit plutôt en mi- fin
d’hiver, sur des populations en quête de nourriture et déjà affaiblies
par le froid et l’humidité hivernale.
On rappelle également que l’épendage doit alors se faire en localisé
au niveau des foyers, dans la culture ET les fossés et bordures
constituant les zones refuges.

- Les traitements au fusil à blé localisés dans les terriers sont à
privilégier afin de protéger au maximum la faune sauvage (systéma-
tiquement possible dans les céréales et colzas où les foyers sont
généralement assez peu nombreux et facilement visibles).
- Les traitements  au semoir en ligne sont autorisés, mais décon-
seillés  en  raison  des  risques  pour  la  faune  sauvage,  loin  d’être
négligeables lorsque les surfaces concernées sont importantes : il
doit être strictement limité aux champs de luzerne les plus attaqués.
L’intervention s’effectue alors dans tous les cas en localisé dans les
zones de foyers , par des passages de semoirs en ligne espacés de
5 m.
Les doses à employer sont de 12 kg/ha en cas d’infestations limitées
(<300 campagnols par hectares) à 16-20 kg/ha sur des champs très
infestés. Cela correspond à 500 à 700 grammes d’appâts par ligne de
100 m et demande un réglage particulier du semoir.

- L’épandage à la volée, les tas et les surdosages en matière active
lors de l’enrobage et en quantité d’appâts à l’application sont à
proscrire car  inutiles  pour l’efficacité du traitement et dangereux
pour la faune sauvage.

 

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Note nationale SPV - Arvalis     -       Zabre des céréales

Partie  2/2

 

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I

parcelles  pouvant  abriter  jusqu'à  une  trentaine  d'espèces 
différentes de carabiques. Dans celles infestées d'adultes de 
Zabres,  moins  de  1  carabidés  sur  4  est  un  nuisible. 
L'appréciation  fine  des  fluctuations  du  niveau  de  ces 
populations  peut  être  réalisée  par  la  mise  en  œuvre  d'un 
réseau de piégeage. 
Chacun  des  piège  est  enterré  de  telle  sorte  que  la  partie 
supérieur du dispositif arase la surface du sol. Les insectes 
terrestres  qui  chutent  dans  le  piège  sont  dénombrés  et 
conservé pour identification. 
 
 

populations. 

 
Moyens de lutte 
Les méthodes culturales doivent être mises en œuvre prioritairement. Le travail du sol et la rotation 
interviennent d'une façon importante dans le contrôle des populations.  
 
Pratiques recommandées : 
-  Réaliser un déchaumage aussitôt après la moisson s'avère être une mesure efficace pour réduire les 
-  Enlever rapidement la végétation fauchée et andainées pour ne pas constituer d'abris pour la ponte. 
-  Enfouir les repousses dès que possible afin de ne pas fournir de relais alimentaire aux larves. 
-  Eviter les rotations exclusivement céréalières dans les secteurs sensibles, ainsi que l'installation de 
céréales à la place ou à proximité de prairies humides fraîchement retournées. 
-  Respecter un équilibre graminées/dicotylédones dans la composition des bandes enherbées afin de 
réduire l’effet réservoir pour les Zabres qui peuvent constituer une menace pour la parcelle voisine 
(sauf développement rapide d'une faune prédatrice efficace) mais aussi un risque pour la bande 
enherbée elle-même. 
-  Envisager,  au  cas  par  cas,  une  protection  avec  le  traitement  des  semences  AUSTRAL  PLUS 
disponible  sur  céréales  à  pailles.  Cette  recommandation  ne  concerne  que  des  situations  de 
présence significative de zabres, si les mesures de contrôle agronomique n’ont pas été mises en 
œuvre. 

 
En cas de symptômes observés, les traitements de rattrapage restent très aléatoires, la multiplication 
des  interventions  n'est  pas  envisageable.  Les  résultats  obtenus  avec  l'application  d'un  insecticide 
autorisé  à  base  de  deltamethrine  (diverses  spécialités)  sur  céréales  sont  dépendants  du  stade  de 
développement  des  larves  de  Zabre.  La  priorité  de  la  lutte  doit  revenir  à  l’adoption  des  mesures 
prophylactiques, rotation des cultures et travail du sol, citées précédemment.  
 
Bibliographie et source de données 
Source des informations : 
-  Rapports  de  la  Sous-direction  de  la  Protection  des  Végétaux  concernant  l’évolution  annuelle  des  insectes 
ravageurs sur céréales à paille. 
- Fiches de synthèse des DRAF/SRPV concernant l’évolution des ravageurs sur céréales. 
Banques de données : 
- LNPV - Unité d'entomologie 
Crédit photo : 
- Jacques Moinard - DRAF-SRPV Midi Pyrénées 
- Olivier Pillon - DRAF-SRPV Champagne Ardenne - Antenne 10 & 52 
Bibliographie 
- Phytoma N° 446 Janvier 1993 - Le zabre des céréales:un ravageur encore mal connu. M Martinez et O Pillon  
- Phytoma N° 520 Janvier 1999 - Le Zabre des céréales Il fait surface dans les Pays de la Loire et en Bretagne. J 
Jullien. 
- Choisir 2004 - Le Zabre : Une lutte en végétation difficile. Pierre Taupin. 2 pp.  
- Phytoma N° 576 Novembre 2004 - Rotation et travail du sol ; pour être économe en produits phytosanitaires. M 
Delos et al. 

