AVERTISSEMENTS
AGRICOLES

POUR DE BONNES PRATIQUES AGRICOLES

Champagne-Ardenne

Bulletins Techniques des Stations d’Avertissements Agricoles n° 644 du 14 décembre 2004 - 4 pages

Céréales

Pucerons :
Bien que toujours en place, les populations de pucerons ont été dans l’ensemble assez
fortement réduites par la première période de gel du mois dernier, et surtout par le givre
abondant de la semaine passée.
Maladies(cid:160):
L’oïdium sur céréales et l’helminthosporiose sur escourgeon sont toujours les principales
maladies observées.

Campagnol des champs

Toute l’équipe du
SRPV et de la
FREDONCA vous
souhaite de très
bonnes fêtes de
fin d’année.

Des dégâts de rongeurs sont très régulièrement observés cet automne 2004 dans les cultures,
notamment sur luzerne.
Il s’agit principalement de campagnols des champs  (petit rongeur de 9 à 13 cm de long, au
pelage gris brun et plus clair sur la partie ventrale, aux oreilles et à la queue courte). Des mulots
sont également parfois observés (oreilles développées et queue aussi longue que le corps),
mais ils restent généralement en bordure de champs, à proximité de haies ou de bois.

RONGEURS
Le point sur la
lutte contre le
campagnol des
champs.

POIS
Analyses
Aphanomyces.

Les cultures principalement attaquées par le campagnol des champs (Microtus arvalis) sont
les légumineuses (en particulier la luzerne) et dans une moindre mesure les céréales et le
colza. Les dégâts sont dus à la consommation directe des plantes, mais également par une
concurrence accrue des adventices, favorisées par les “(cid:160)trous(cid:160)” de végétation laissés au
niveau des foyers.
La multiplication des rongeurs est favorisée par l’existence de milieux couverts (appelés
zones refuges) permettant un abri vis à vis des prédateurs(cid:160): zones fortement enherbées comme
les bordures non entretenues de parcelles, prairies non fauchées, luzernes….

REGLEMEN-
TATION
Rationalisation de
l’utilisation du
glyphosate.

La période de reproduction de ce ravageur s’étend en général de mars à octobre, mais peut
se poursuivre en hiver si les conditions sont favorables (hiver doux ou nourriture abondante
et peu humide).

 

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DRAF
Service Régional de la
Protection des Végétaux
Centre de Recherches
Agronomiques
2, Esplanade Roland
Garros - BP 234
51686 REIMS Cedex 2
Tél : 03.26.77.36.40
Fax : 03.26.77.36.74
E-mail : srpv.draf-
champagne-ardenne@
agriculture.gouv.fr

Imprimé à la station
D'Avertissements
Agricoles de
Champagne-Ardenne
Directrice gérante :
Anne Marie
 BERTRAND
Publication périodique
C.P.P.A.P  n°529 AD
ISSN  n°0996-9861
Tarif courrier : 75 euros
Tarif fax : 73 euros

Diffusion en collabora-
tion avec la FREDONCA
(Art. L252-1 à L252-5 du
Code Rural)

Stratégies de lutte

Méthodes culturales préventives(cid:160):
La lutte contre le campagnol des champs passe avant tout par des
méthodes culturales pour rendre le milieu défavorable au dévelop-
pement des populations de campagnols(cid:160):

- maintien d’une végétation la plus rase possible (fauchage et
enlèvement de l’herbe) sur les bordures enherbées de champs,
chemins, haies, talus, fossés d’assainissement et lisières de forêts
qui représentent les principales zones refuges, points de départ des
contaminations.

- déchaumage et ramassage ou broyage des pailles après récolte.

- entretien des prairies(cid:160): retourner et re-semer régulièrement les
prairies temporaires, fauchage des refus dans les pâtures…

Méthodes culturales curatives(cid:160):
A la suite d’une récolte dans un champ infesté par les campagnols
des champs, un simple travail du sol (déchaumage…) permet de
rompre  le  réseau  de  galeries  peu  profondes  (5  à  10  cm)  de  ce
ravageur et d’éliminer une grande partie de la population.

Lutte chimique
Elle peut être nécessaire en complément des méthodes culturales.
Une seule matière active est alors autorisée(cid:160): la chlorophacinone.
C’est un anticoagulant qui provoque la mort des campagnols par
hémorragies 3 à 8 jours après la première ingestion.
Elle est autorisée sous forme de concentrat huileux à 0.25 g/l et
d’appâts prêts à l’emploi ou constitués par du blé entier enrobé de
concentrat huileux à 0.25% de chlorophacinone, soit 3 l/quintal de
blé.
L’épendage doit se faire dans la mesure du possible en localisé au
niveau  des  foyers,  dans  la  culture  ET  les  fossés  et  bordures
constituant les zones refuges.

Quand traiter(cid:160)?
Les traitements les plus efficaces sont obtenus(cid:160):

- en fin d’été / début d’automne pour sauver les cultures en danger
(prairies, jeunes luzernes) et préserver les futurs semis de céréales
et colza.
Cela permet également de limiter la quantité de chlorophacinone
épandue à l’hectare par une intervention localisée dans les foyers
encore peu développés.

- en sortie d’hiver (fin février / début mars), avant la reprise de
végétation  et  la  dispersion  des  populations,  car  la  concurrence
alimentaire pour les appâts empoisonnés sera alors réduite et les
populations affaiblies par l’hiver.
• A cette date, il n’est donc plus recommandé d’intervenir dans
notre région puisque ce ravageur est assez fragile et les popula-
tions peuvent être fortement entamées par les conditions clima-
tiques de l’hiver (noyade et sensibilisation aux maladies en cas
de retour à des précipitations importantes…).
Préférer plutôt un éventuel épandage localisé en sortie d’hiver.
En cas de parcelles très attaquées où un traitement sera de toutes
façons réalisé : optimiser l’efficacité en attendant la fin de la
période pluvieuse et plus douce annoncée pour la fin de semaine
et le retour de conditions climatiques froides et sèches.

Comment traiter(cid:160)?

- Les traitements au fusil à blé localisés dans les terriers sont à
privilégier afin de protéger au maximum la faune sauvage. Elle est
systématiquement possible dans les céréales et colzas où les foyers
sont généralement assez peu nombreux et facilement visibles.
La dose à appliquer par foyer est alors calculée en prenant la dose
autorisée par hectare ramenée à la surface du foyer, soit générale-
ment 60 à 90 grammes de blé enrobé par foyer, en prenant bien soin
de multiplier les points d’applications dans les différents trous du
terrier.

- Le traitement de surface au semoir en ligne est autorisé, mais
déconseillé en raison des risques pour la faune sauvage, loin d’être
négligeables lorsque les surfaces concernées sont importantes, ce
qui est le cas cet automne. Il doit être strictement limité aux champs
de luzerne les plus attaqués.
L’intervention s’effectue alors dans tous les cas en localisé dans les
zones de foyers (arrêter l’épendage lorsque les foyers sont discon-
tinus), par des passages de semoirs en ligne espacés de 5 m.
Les doses à employer sont de 12 kg/ha en cas d’infestations limitées
(<300 campagnols par hectares) à 16-20 kg/ha sur des champs très
infestés. Cela correspond à 500 à 700 grammes d’appâts par ligne de
100 m et demande un réglage particulier du semoir.

Sont à proscrire(cid:160):
- l’épandage à la volée (inefficace),
- les tas (très dangereux pour le petit gibier),
- l’utilisation d’un produit non homologué pour l’usage campagnol
des champs,
- les surdosages en matière active lors de l’enrobage et en quantité
d’appâts à l’application (inutiles pour l’efficacité du traitement et
dangereux pour la faune sauvage).

Aphanomyces

Le Laboratoire d’analyse de la Fédération Régionale de Défense
contre  les  Organismes  Nuisibles  de  Champagne-Ardenne  (FRE-
DONCA), à Reims, est habilité à détecter la présence du champignon
Aphanomyces euteiches dans le sol, avant semis de pois.
Ce test peut être effectué à tout moment de l’année (éviter toutefois
un sol trop sec). Il est recommandé de ne pas dépasser un échantillon
pour 3 ha. Un échantillon de sol doit être constitué de 15 à 20 prises
de sol dans une zone homogène de la parcelle, et si possible en zone
“(cid:160)à risque(cid:160)” (zone plus humide, creux…).
Les prélèvements doivent être réalisés sur une profondeur de 15-20
cm, et constituer un échantillon final d’environ 2 litres.

Tarifs(cid:160):
- Détection d’Aphanomyces simple(cid:160): 50 € HT
- Détection d’Aphanomyces + INR (Indice Nécrotique Racinaire)(cid:160): 55
€ HT.

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter :

M. Jean Baptiste DAVESNE (03.26.77.36.69) - FREDONCA

Centre de Recherches Agronomiques

2, Esplanade Roland Garros

BP 232

51 686 REIMS Cedex 2

 

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Réglementation

RATIONALISATION DE L’USAGE DU GLYPHOSATE

L’avis au JO du 8 octobre 2004 s’inscrit dans le cadre des mesures du ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la
pêche et des affaires rurales visant à une sécurisation de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Il propose une rationalisation de l’utilisation des spécialités commerciales à base de glyphosate,  aussi  bien  en  zones
agricoles qu’en zones non agricoles.
A cet effet, les usages de toutes ces spécialités ont été redéfinis et  leurs doses d’utilisation ont été réduites  selon  les
modalités présentées dans l’annexe I de l’avis au JO.
Les applications par unité de surface et par an  ont de même été limités dans tous les types de zones concernés par les
traitements à base de glyphosate.

-
-

Pour accompagner ces réductions de doses, un certain nombre de pratiques doivent obligatoirement être respectées(cid:160):
lorsque le type de couverture ou la nature du sol ou du revêtement l’impose, l’application du traitement doit être
-
effectuée par taches
le traitement des fossés en eau est interdit
des adjuvants permettant une diminution du phénomène de dérive ou des  buses à dérive limitée  devront  être
utilisés lors de l’application des traitements
dans le cadre du désherbage des zones subaquatiques, les traitements à base de glyphosate sur les mares et les plans
d’eau seront interdits sauf en cas d’invasion d’espèces végétales nuisibles

-

Toutes ces mesures figureront prochainement sur les étiquettes de toutes les spécialités commerciales à
base de glyphosate.
Elles doivent néanmoins être appliquées dès à présent sur le terrain.

Tableaux récapitulatifs des nouvelles doses homologuées et de limitation des quantités

appliquées et/ou du nombre d’applications par hectare et par an

Extraits de l’annexe :

Tableau 1 : Nouvelles doses maximales homologuées en Zones Agricoles

Usages

Catégories

Glyphosate acide en

g ma/ha

Doses maximales

homologuées

1080
2160

Interculture

(cultures annuelles)

Graminées annuelles

Dicotylédones annuelles

et bisannuelles

Adventices vivaces

2520

« g ma/ha = grammes de matière active par hectare »

Tableau 7 : Cas particulier du débroussaillage

Usage

Glyphosate acide en g ma/ha
Dose maximale homologuée

Débroussaillage

4320

 

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Tableau 9 : Nouvelles quantités maximales applicables par hectare planté et par an et/ou de nombre

maximum d’applications par hectare et par an

Zone

Usage

Agricole

Non

agricole

Cultures annuelles

(interculture)

Vigne

Arboriculture fruitière 
Zones imperméables
Zones perméables

Pépinières et Plantations

Jardin amateur

Quantité maximale

annuelle

g ma/hectare/an

2880
2200(*)
2200

1500 (**)

2880
2200

-

Nombre maximum

d’applications par hectare et

par an

-

-
3
-
-
-

Traitement en plein : 1
Traitement par taches : 3

Remarque : Les usages de type dévitalisation, débroussaillage ainsi que tous les usages « forêt »
étant relativement anecdotiques, ils n’entrent pas dans cette comptabilisation.

(*) : Equivalent, pour un traitement à 2160 gma/ha localisé sur le rang correspondant à une surface de
33%, à une possibilité de 3 traitements maximum par an.

(**) : Equivalent, pour une surface imperméable colonisée à hauteur de 10%, à une possibilité de 5
traitements maximum par an.

 

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