AVERTISSEMENTS
AGRICOLES

POUR DE BONNES PRATIQUES AGRICOLES

Champagne-Ardenne

Bulletins Techniques des Stations d’Avertissements Agricoles n° 627 du 16 juin 2004 - 4 pages

Blé

Stades(cid:160):  Fin  floraison  pour  les  parcelles
tardives de Haute-Marne, à grain laiteux.

Ravageurs
Pucerons des épis(cid:160): L’activité des pucerons
est toujours importante, ainsi que celle de
leurs prédateurs et parasites. Les premiers
pucerons  mycosés  sont  également  obser-
vés. Malgré les fortes chaleurs et les pluies
d’orage de la semaine dernière, un certain
nombre de parcelles voient leur niveau de
population augmenter. Le seuil d’interven-
tion d’un épi sur deux colonisé est parfois
atteint.
• Voir conseil dans le bulletin précédent et
maintenir  la  surveillance  jusqu’au  stade
“(cid:160)grain laiteux-pâteux(cid:160)”, surtout si les blés
sont en situation de stress hydrique.

Divers(cid:160): Les larves de cécidomyies orangées
sont à présent bien visibles dans les épillets.
On note également sur certaines parcelles
(secteur  de  Sainte-Ménéhould-51  notam-
ment) la présence de nombreuses larves de
tenthrèdes (fausses chenilles vertes plus ou
moins claires, parfois avec une bande noire
sur le dos, possédant 8 paires de fausses
pattes). Ce ne sont pas des ravageurs connus
des céréales et leur nuisibilité sera à priori
faible. Bien que ces fausses-chenilles s’en-
roulent fréquemment sur elles-mêmes, ce ne
sont pas des noctuelles qui possèdent, elles,
4 + 1 paires de fausses pattes.

Maladies
Maladies du feuillage(cid:160): La situation évolue
peu. Les fortes chaleurs de la semaine passée
ont provoqué l’apparition de la forme sexuée
de l’oïdium (pycnides noires indiquant la fin
du cycle) sur un grand nombre de parcelles.
Malgré tout, quelques nouveaux jeunes pus-
tules sont observés dans nos témoins non
traités.

La rouille brune n’a pas évolué.
L’helminthosporiose reste rare.
• Seules les maladies de fin de cycle (rouille
et helminthosporiose) doivent encore être
surveillées si les conditions climatiques res-
tent  chaudes  et  en  conditions  favorables
(variétés sensibles, blé sur blé en non labour
pour l’helminthosporiose…).

Fusariose(cid:160): L’ensemble des parcelles a main-
tenant dépassé le stade de sensibilité pour les
contaminations de fusariose. Les premiers
symptômes sont visibles en parcelles.
• Il est à présent trop tard pour intervenir.

Pois

Stades
Pois de printemps(cid:160):  Fin  floraison  –  jeunes
gousses plates sur les derniers étages.
Pois d’hiver(cid:160): gousses de taille définitive sur
les  principaux  étages  fructifères  (on  note
jusqu’à 7 étages de gousses(cid:160)!).

Pucerons(cid:160):
Malgré les fortes chaleurs et les pluies d’ora-
ge de la semaine dernière, les pucerons verts
du pois poursuivent leurs multiplications dans
les témoins non traités des parcelles.
Les micro-hyménoptères parasitoïdes sont
toujours très actifs.
•  Les interventions insecticides spécifique-
ment dirigées contre les pucerons ont dû
être effectuées lorsqu’elles étaient néces-
saires. Les pois quittent à présent le stade de
sensibilité.
En  cas  de  non  intervention  et  de  fortes
infestations tardives (plus de 100 pucerons
par tige), une prise en compte des pucerons
pourra toutefois être étudiée en cas d’inter-
vention contre les tordeuses (utiliser alors
un pyréthrinoïde associé).

Prochain
bulletin prévu le
23 juin.

TOUTES
CULTURES
Pucerons  à sur-
veiller.

PROTEAGINEUX
- Tordeuses sur
pois et bruches
sur féverole,
- Rouille à sur-
veiller.

MAÏS
Premières captu-
res de pyrales.

LE POINT
SUR...
La lutte contre le
chardon des
champs.

 

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DRAF
Service Régional de la
Protection des Végétaux
Centre de Recherches
Agronomiques
2, Esplanade Roland
Garros - BP 234
51686 REIMS Cedex 2
Tél : 03.26.77.36.40
Fax : 03.26.77.36.74
E-mail : srpv.draf-
champagne-ardenne@
agriculture.gouv.fr

Imprimé à la station
D'Avertissements
Agricoles de
Champagne-Ardenne
Directrice gérante :
Anne Marie
 BERTRAND
Publication périodique
C.P.P.A.P  n°529 AD
ISSN  n°0996-9861
Tarif courrier : 75 euros
Tarif fax : 73 euros

Diffusion en collabora-
tion avec la FREDONCA
(Art. L252-1 à L252-5 du
Code Rural)

Tordeuses
Les premières éclosions d’œufs de tordeuses ont eu lieu ce lundi et
quelques pontes au stade “(cid:160)tête noire(cid:160)” sont encore observées.
Après une accalmie lors des conditions climatiques plus fraîches et
humides de la fin de semaine dernière, les vols et les dépôts de pontes
ont repris en ce début de semaine. Compte-tenu des températures
prévues, les éclosions ne devraient pas se produirent avant ce week-
end.
Par rapport à la semaine dernière, les vols ont été plus importants dans
l’Ouest de la région que dans l’Est. Le seuil de 400 captures cumulées
est  localement  dépassé  (Planty-10),  mais  reste  dans  l’ensemble
majoritairement compris entre 200 et 300 (jusqu’à 330 captures à Saint-
Pouange).
Une grande partie des pois arrivent au stade de plus grande sensi-
bilité (gousses plates sur le second étage fructifère).
La situation est toujours calme dans les Ardennes (moins de 130
captures cumulées).
• Sur pois de semences ou destinés à un usage alimentaire(cid:160): une ré-
intervention est à envisager pour ce week-end si les températures
restent élevées ou dans le courant de la semaine prochaine si le
temps devient plus frais voire pluvieux comme annoncé pour ce
week-end.
   Sur pois fourrager(cid:160): Une intervention unique sera à positionner
au  stade  “(cid:160)gousses  plates  sur  le  2nd  étage  fructifère(cid:160)”  (fin  de
semaine) dans les secteurs où les captures cumulées au piège à
phéromone atteignent 400.
Il sera très probablement inutile de traiter dans les Ardennes.

Cécidomyies
Des dégâts et des larves de cécidomyies sont maintenant fréquem-
ment observés sur les derniers étages floraux, mais ils ne seront pas
dommageables pour le rendement.
• Plus d’intervention contre ces ravageurs.

Maladies
Le développement de l’anthracnose reste limité (Ville sur Arce-10,
Etourvy-10, La Croix en Champagne-51…).
Les bactérioses et le mildiou sont toujours observés, favorisés par
les fortes précipitations de la fin de semaine dernière.
La  rouille  progresse  sur  quelques  parcelles  et  atteint  à  présent
localement les feuilles hautes (Cormicy-51).
Avec la défloraison en revanche, le risque de contamination par le
sclérotinia ou le botrytis devient nul.
• Les parcelles grêlées doivent être protégées avant les prochaines
pluies avec un produit à base de chlorothalonil (ou triazole en
présence de rouille).
Sur les parcelles non grêlées, attendre le passage de la rouille sur
les étages médians des feuilles pour intervenir avec une triazole.

Féverole

Stades(cid:160): 5 à 10 étages de gousses.

Ravageurs (cid:160)
Les conditions climatiques actuelles restent favorables aux  puce-
rons, localement fortement présents, et aux bruches.
A noter que de surprenants dégâts probablement dus à des thrips
sur fleurs sont observés sur Asfeld-08.
• Surveiller les pucerons.

Pour les féveroles destinées à l’alimentation humaine, il est préfé-
rable de ré-intervenir si le traitement précédent remonte à plus de
10 jours et que des fleurs sont encore présentes.
Maladies
Elles sont encore très rares dans les parcelles.
• Une application fongicide à base de triazole est à prévoir contre
la  rouille  lors  du  passage  des  premiers  pustules  sur  les  étages
intermédiaires.

Betterave

Stades : 90 à 100% de couverture du sol en terres colorées(cid:160); 20 à 40%
en terres de craie.

Ravageurs
Pucerons(cid:160): Les vols du puceron vert se sont renforcés lors des belles
journées de la semaine passée à la tour à succion de Lavannes-51. Les
infestations  de  parcelles  sont  en  hausse  dans  la  plupart  de  nos
témoins non traités insecticides de la Marne et des Ardennes.
Les tous premiers ailés actifs sont observés dans les parcelles traitées
Imprimo.
• La vigilance reste de mise.
Noctuelles(cid:160): Les premières défoliations et des dépôts de ponte de
noctuelles sont observés dans l’Aube à proximité de luzernes fau-
chées. Les dégâts de ces chenilles seront à surveiller en bordure de
parcelles si les conditions climatiques favorables aux vols persistent.
•  Bien  qu’il  soit  très  tôt  pour  envisager  une  intervention,  les
noctuelles doivent être surveillées sur les parcelles à risque, surtout
si les betteraves ne sont pas poussantes.

Maladies
Elles sont bien sûr encore absentes des parcelles. Seules les bactério-
ses pourront se développer en cas de temps humide sur les blessures
des plantes.
• Il n’y a aucun intérêt à appliquer un fongicide sur les parcelles
grêlées.

Maïs

Stades(cid:160): 6 à 11 feuilles
Ravageurs
Les pucerons se développent, sans présenter de nuisibilité à ce stade
des cultures, d’autant que les auxiliaires sont assez présent.
Les premières captures de pyrales ont été effectuées dans les pièges
à phéromones du Tardenois et de l’Aube. Les conditions climatiques
prévues pour cette semaine devraient permettre la poursuite de ce
début de vol.
• Nous sommes encore loin du pic de vol, il est donc trop tôt pour
planifier un éventuel traitement chimique dans les secteurs qui le
justifie cette année (voir bulletin n°608 du 15 janvier 2004).
En revanche, les lâchers des trichogrammes (planifiés par l’orga-
nisme de production) doivent intervenir avant les dépôts de pontes,
soit 10-15 jours après la détection des 1er vols de mâles dans les
pièges à phéromones de votre secteur de production. Les parcelles
seront protégées pendant environ 1 mois avec, en moyenne, un taux
d’efficacité de 60 à 70%.

 

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Comparaison des vols de pucerons à la tour à succion de Lavannes-51

ces 3 dernières années

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800

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400

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2004
2002
2003

 19.04.

24.04.

29-04

04-05

09-05

14-05

19-05

24-05

29-05

03-06

08-06

13-06

Le point sur...

La lutte contre le chardon des champs (Cirsium arvense)

BIOLOGIE
Le chardon est une plante dioïque(cid:160): il existe donc des pieds
mâles qui peuvent féconder les pieds femelles situés dans un
rayon de 100 m autour de lui.
Une plante peut produire 1500 graines de juin à octobre.
La propagation des graines du chardon se fait principalement
par  le  vent  sur  une  distance  de  quelques  mètres,  sachant
qu’environ  0,2%  de  ces  graines  peuvent  être  transportées
jusqu’à  une  distance  d’environ  100  m.  Celles-ci  germent
relativement  vite lorsque la lumière et la chaleur sont suffisan-
tes.
A partir d’une seule plante, la croissance du rhizome souterrain
peut atteindre 6 m par saison.

STRATEGIES DE LUTTE
Avant chaque lutte, il faut se poser la question si suffisamment
de plantes sont présentes pour remplacer le chardon.
 Si cela n’est pas le cas, la lutte n’aboutira pas au résultat
recherché. Comme stratégie anti-chardon à long terme, une
combinaison de bonnes techniques culturales, l’utilisation des
herbicides et l’implantation de plantes compétitives est recom-
mandée.

1) Lutte indirecte
Une forte concurrence par des plantes installées empêche le
chardon de proliférer.
La luzerne s’est avérée particulièrement concurrentielle, mais
tout gazon dense empêche également le chardon de se propa-
ger.

2) Lutte directe

a. Lutte mécanique
• En prairies : la fauche est un moyen de lutte efficace.
Au moins une coupe avant la formation des boutons floraux est
utile, mais des coupes répétées durant la saison épuisent le
chardon et s’avèrent très efficaces.
La coupe manuelle avant la floraison empêche l’envol des
graines.

• En grandes cultures : si le germe provenant des graines est
fragile et peut être contrôlé facilement par le travail du sol et
la herse étrille, la segmentation des rhizomes présents dans le
sol  va  provoquer  une  multiplication  des  chardons(cid:160)(à  titre
indicatif(cid:160): 100% des fragments de 2,5 cm redonnent de nouvel-
les plantes, contre 15% des fragments de 8 mm).
    Comme  en  prairies,  la  fauche  des  fleurs  au-dessus  des
cultures basses permet d’éviter la propagation du chardon,
mais demande souvent plusieurs passages en fonction de la
date récolte.
    Pour  les  cultures  sarclées  ou  les  cultures  implantées
tardivement au printemps : jusqu’à mi à fin avril, ce sont les
ressources (limitées) du rhizome ou des fragments de rhizome
qui sont mobilisées et un labour de printemps de 10 cm de
profondeur,  au  moment  de  l’apparition  des  drageons  (tige
souterraine verticale provenant d’un bourgeon), suivi d’un ou
de plusieurs passages de herse, affaiblit fortement le chardon.

 

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b. Lutte chimique

Pour  tous  les  herbicides,  il  est  fortement  recommandé  de
mouiller suffisamment la plante (au moins 200 - 250 L d’eau/
ha)  et  de  ne  pas  traiter  pendant  les  fortes  chaleurs  de  la
journée, afin de favoriser au maximum l’absorption du produit
par la plante.
• En grandes cultures(cid:160):

- Les céréales sont les seules cultures ou l’utilisation de
plusieurs produits efficaces est possible (les produits les plus
efficaces sont à base de Clopyralid et/ou d’hormones(cid:160): 2,4
D, 2,4 MCPA, MCPP…).
En  revanche  le  moment  du  désherbage  ne  coïncide  que
rarement  avec  le  stade  le  plus  sensible  du  chardon  qui  se
développe  plus  tard  (tige  de  15-20  cm  à  floraison).  Un
passage spécifique  contre le chardon est donc recommandé
au stade 2 nœuds des céréales.
              Lorsque celui-ci n’a pas pu être effectué, un rattra-
page  à  base  de  glyphosate  est  encore  possible  avant  la
moisson, mais ce type de traitement est généralement réservé
aux problèmes de chiendent.
Le traitement doit alors se faire au moins 6 heures avant une
pluie pour éviter les lessivages et lorsque toutes les feuilles de
la céréale sont sénescentes et que le grain a moins de 25%
d’humidité (pâteux dur(cid:160): l’ongle le raye sans l’écraser), soit 8
à 10 jours avant la récolte normale. Il est bien sûr indispensable
de respecter le délai avant récolte du produit (7 jours pour le
glyphosate)(cid:160)!
Attention également aux éventuels cahiers des charges qui
peuvent interdire ce genre de traitement (céréales destinées à
la production de semence ou à l’industrie brassicole).

- Les produits à base de Clopyralid seuls sont utilisa-
bles sur de  nombreuses cultures (y comprit maraîchè-
res). Le Dicamba est utilisable sur maïs.

- La lutte en végétation est par contre impossible dans
les pois et le tournesol(cid:160): la lutte doit donc impérativement
être conduite dans la rotation.

• En inter-cultures(cid:160): La meilleure efficacité est obtenue par
les traitements effectués après récolte et avant implantation de
la culture suivante, si toutefois l’intervalle permet au chardon
de se développer suffisamment (longueur de tige supérieure à
15 cm).
Les  produits  non  sélectifs  à  base  de  glyphosate  ou  de
sulfosate sont à privilégier. Les produits à base d’hormones
et  de  sulfonyl-urées  sont  plus  chers,  moins  efficaces  et
impliquent de respecter un délai avant le semis de la culture
suivante.

• En prairies et pâtures(cid:160):

-  Destruction  partielle  du  couvert(cid:160):    les  hormones
permettront d’épargner les graminées, mais détruiront surtout
les stolons superficiels. En cas de faibles surfaces ou infesta-
tion, une application au pinceau de glyphosate ou de sulfosate
permettra de détruire la plante entière.

- Destruction totale du couvert(cid:160): l’utilisation de gly-
phosate ou de sulfosate est recommandée (voir le paragraphe
précédant concernant la gestion des chardons en inter-cultu-
res). Le sol peut être travaillé dès le jaunissement des char-
dons.

 

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