AVERTISSEMENTS
AGRICOLES

POUR DE BONNES PRATIQUES AGRICOLES

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DRAF
Service Régional de la
Protection des Végétaux
Centre de Recherches
Agronomiques
2, Esplanade Roland
Garros - BP 234
51686 REIMS Cedex 2
Tél : 03.26.77.36.40
Fax : 03.26.77.36.74
E-mail : srpv.draf-
champagne-ardenne@
agriculture.gouv.fr

Imprimé à la station
D'Avertissements
Agricoles  de
Champagne-Ardenne
Directrice gérante :
Anne Marie
 BERTRAND
Publication  périodique
C.P.P.A.P    n°529 AD
ISSN    n°0996-9861
Tarif courrier : 75 euros
Tarif fax : 73 euros

Diffusion en collabora-
tion avec la FREDONCA
(Art. L252-1 à L252-5 du
Code Rural)

Champagne-Ardenne

Bulletins Techniques des Stations d’Avertissements Agricoles n° 612 du 25 février 2004 - 4 pages

Colza

Stades :
Très peu d’évolution depuis la semaine dernière.

Ravageurs de printemps
Compte-tenu des conditions climatiques de la semaine
passée, l’activité du charançon de la tige du colza a été
très réduite et les nouvelles captures rares (seules 3
parcelles  de  l’Aube  sont  concernées  par  1  unique
capture à Ville-sur-Arce, Arrentières et Trainel).
Les charançons sont en revanche bien présents dans
les  parcelles  (sauf  peut-être  dans  les  Ardennes  où
aucune  capture  n’a  encore  été  observée)  et  prêts  à
pondre lors du retour de conditions climatiques favo-
rables.

A  noter  que  quelques  rares  parcelles  présentent  de
façon assez étonnante des colonies de pucerons cen-
drés (Villers-aux-nœuds-51 et Villemaur-sur-Vanne-10).
Des thrips ainsi que quelques pucerons verts (Myzus
persicae) sont également observés dans la parcelle de
Villemaur-sur-Vanne… La nuisibilité de ces ravageurs
n’est pas connu à cette période de l’année.
• Conseil inchangé par rapport à la semaine pas-
sée : se rapporter au bulletin précédent.

Actualité

Tableaux des

principaux mélanges

Il  doit  être  noté  que  les  tableaux
parus la semaine passée ne consti-
tuent qu’une liste très incomplète de
l’ensemble des mélanges autorisés.
Ces listes complètes peuvent être
consultées sur les sites d’Arvalis,
du Cetiom et, très prochainement,
du Ministère de l’Agriculture.

Concernant le tableau des princi-
paux mélanges pour le désherbage
des protégineux, des erreurs se sont
glissées dans le tableau diffusé :
 - Les mélanges contenant du Ni-
keyl  sont  interdits  sur  Féverole
puisque le produit n’est pas homo-
logué sur cette culture.
 - Les mélanges Nirvana + Chal-
lenge ou Centium 36 CS sont,
quant à eux, autorisés sur Févero-
le comme sur Pois.

COMMUNIQUE  DE  PRESSE  du  23  février  2004

Hervé GAYMARD annonce la suspension des produits à base de Fipronil et engage une
procédure contradictoire sur l’utilisation du Gaucho.

Hervé GAYMARD, Ministre de l’Agricultu-
re,  de  l’Alimentation,  de  la  Pêche  et  des
Affaires Rurales, a annoncé aujourd’hui la
suspension de la commercialisation de tous
les produits de traitement à base de Fipronil
jusqu’à l’achèvement de la procédure com-
munautaire d’évaluation de cette substance
prévue au plus tard le 31 décembre 2005.
Cette suspension porte aussi sur l’usage des
stocks de produits destinés à l’enrobage ou
au traitement des semences.

Cette décision intervient suite à la procédure
contradictoire engagée le 9 février 2004. Elle
est fondée sur l’avis de la commission d’étu-
de de la toxicité des produits phytosanitaires.

Le ministre a également saisi la commission
d’étude de la toxicité et engagé parallèlement
avec le fabriquant et les utilisateurs une pro-
cédure contradictoire sur les produits conte-
nant la molécule imidaclopride (Gaucho, Con-
fidor, Polyaxe, Férial), au terme de laquelle il
rendra sa décision.

Prochain
bulletin prévu
dans 1 ou 2
semaine,  en
fonction de
l’actualité.

COLZA
Surveiller les con-
ditions climati-
ques pour inter-
venir contre le
Charançon de la
tige du colza.

ACTUALITE
Fipronil et
Gaucho.

REGLEMEN-
TATION
Introduction  de
plant  de  Pomme
de Terre.

NOTE COMMUNE
(SPV - INRA - CETIOM)
Méligèthes  du
colza.

Ces  décisions  sont  en  cohérence  avec  les
mesures prises par Hervé GAYMARD de-
puis 18 mois :
- le classement du Fipronil dans la catégorie
T+ R26 décidé en 2003, c’est le classement le
plus exigeant en vigueur en matière de pré-
cautions  d’usage  dans  les  états  membres
ayant homologué le produit ;

- la vérification du procédé d’enrobage des
semences,  accrue  dans  le  cadre  d’un  plan
qualité-poussières ;

- la mise en place de 3 zones d’observation
des ruchers (ZOR) pour suivre l’évolution
des populations d’abeilles dans les zones où
sont utilisés le Régent ou le Gaucho.

Dans le cadre du plan d’action mené par le
ministère dans le domaine de l’emploi des
produits  phytosanitaires,  plus  de  900  pro-
duits ont été interdits en 2003 et 500 en 2002.
Ce plan se traduit également par une augmen-
tation  importante  du  nombre  de  contrôles
(stocks et applications) réalisés sur le terrain
par les services du ministère.

Au  cours  de  sa  conférence  de  presse  du  23  février  2004,  M.  Hervé  GAYMARD  a  apporté  des  précisions  sur  sa
démarche  de  suspension  des  produits  à  base  de  Fipronil.

Les  éléments  principaux  de  son  discours  sont  repris  ci-dessous :
“ J’ai décidé, sur la base des articles L253-6 et
R253-46 du code rural, qui concernent les
décisions de retrait ou de modification des
autorisations de mise sur le marché, et de
l’article L110-1 du code de l’environnement
relatif au principe de précaution, de suspen-
dre les autorisations de commercialisation
des spécialités à usage agricole à base de
FIPRONIL.

Cette décision s’appliquera, sauf  fait scien-
tifique  nouveau  dûment  établi,  jusqu’à  ce
que  l’autorité  européenne  de  sécurité  des
aliments prenne position.

Concrètement, cette suspension entraîne l’in-
terdiction de commercialiser ces produits et
de les utiliser sur le territoire national. […]

Cette  décision  concerne  les  produits  sui-
vants :
- Régent TS
- Régent 5 GR
- Schuss
- Métis
- Texas
- Zoom

Compte tenu des motifs sur lesquels se fonde
l’avis de la commission d’études de la toxici-
té, il m’a paru possible d’autoriser les agricul-
teurs à utiliser pour les semis de printemps les
semences déjà enrobées dont ils disposent.
Je rappelle que l’avis de la commission d’étu-
des de la toxicité se fonde sur les risques pour
l’environnement et les espèces sauvages.

Ce  même  avis  précise  qu’il  n’y  a  pas  de
risques d’effets nocifs pour le consomma-
teur, ni pour ceux qui appliquent ce produit en
respectant les précautions d’emploi. […]

Enfin, j’ai décidé avec mes collègues chargés
de la santé, de l’écologie et du développe-
ment durable et de la consommation, de saisir
l’AFSSA (Agence française de sécurité des
aliments) et l’AFSSE (Agence française de
sécurité sanitaire pour l’environnement) afin
de lever les incertitudes liées à certains avis
d’experts qui paraissent contredire celui de la
commission des toxiques au regard du risque
pour la santé humaine. ”

Réglementation

Introductions de plants de Pomme de Terre en provenance des Pays Bas, Allemagne et Danemark.

Considérant que le risque d’introduction de la bactérie Ralstonia
solanacearum (pourriture brune) existe pour les pommes de terre
originaires  des  Pays-Bas,  de  même,  considérant  que  le  risque
d’introduction de la bactérie Clavibacter michiganensis sp sepedo-
nicus (Flétrissement bactérien) existe, pour les pommes de terre
originaires du Danemark et d’Allemagne également, des mesures
supplémentaires de protection ont donc été prises.

Sont concernés par ces dispositions, les tubercules de pommes de
terre de semences ou tubercules destinés à la consommation ou à la
transformation, ainsi que toute pomme de terre déjà transformée et
n’ayant pas subi de traitement thermique supérieur à 65°C.

Ces deux arrêtés prévoient que :

- Tout matériel cité ci-dessus, doit être déclaré par l’introducteur,
auprès de la DRAF/SRPV du lieu de stockage et ce dans les 48
heures après introduction en France. Les informations obligatoires
à transmettre sont  les coordonnées du responsable de l’introduc-
tion, l’adresse exacte où le matériel est déchargé, le numéro complet
du producteur d’origine, la variété et la quantité.

- Ce matériel doit être tenu à la disposition des agents de la protection
des végétaux pendant une durée de 3 jours ouvrables pour les
semences et 2 jours ouvrables pour les autres catégories de maté-
riel, et ce pour un éventuel contrôle.

- Les contrôles réalisés sont documentaires et/ou phytosanitaires et
peuvent donc faire l’objet d’un prélèvements de 200 tubercules pour
recherche bactériologique.

- Les documents tels que les passeports phytosanitaires européens
pour le cas de la semence, l’attestation de traitement thermique pour
les produits transformés de la pomme de terre ou toute pièce commer-
ciale , notamment pour la pomme de terre de consommation, doivent
obligatoirement être conservés pendant au moins 2 ans.

Il est à mentionner que tout lot faisant l’objet d’un prélèvement pour
analyse bactériologique est consigné et est interdit de plantation
pour les pommes de terre de semence, pendant un délai de 8 jours
à compter de la date du prélèvement.

En cas de suspicion et de besoin d’analyses complémentaires, une
prolongation de la consignation sera transmise au détenteur du lot.
Enfin, si le matériel apparaît comme contaminé, les mesures de lutte
spécifiques à chaque bactérie seront mise en œuvre (destruction ou
refoulement).

Nous vous demandons de vous assurer que les lots que vous recevez
ont bien été déclarés par votre fournisseur de plants auprès du
SRPV.

Si vous êtes approvisionnés directement auprès d’une société hors
de France, vous devez contacter M. Bruno DESPAGNE au SRPV –
Tel : 03-26-77-36-47).

 

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MELIGETHES DU COLZA

Résistance aux Pyréthrinoïdes

NOTE DE SYNTHESE SPV-INRA-CETIOM

Depuis 1997 et dans un contexte de fortes populations dans le nord-
est de la France depuis 1999, certains traitements réalisés par les
agriculteurs sont à l’évidence peu ou pas efficaces. Un groupe de
travail - CETIOM, INRA, SPV, firmes phytosanitaires et autres
partenaires - a été constitué, pour caractériser cette situation,
identifier les mécanismes de résistances et statuer sur les produits.
Par ailleurs, divers organismes ont engagé des études pour confor-
ter la gestion du risque en réexaminant la nuisibilité, les seuils
d’intervention et les alternatives à la lutte chimique.

Résistance

Le  phénomène  de  résistance  intervient  suite  à  près  de  25  ans
d’utilisation des pyréthrinoïdes de synthèse. Il met en lumière la
dépendance de la protection du colza vis à vis d’une même famille
d’insecticides.

Des lots de méligèthes ont été soumis à des tests au laboratoire. De
2000 à 2003, la sensibilité à la cyperméthrine, prise comme modèle
pyréthrinoïde, varie dans de larges proportions.
La cartographie obtenue en 2000, confirmée en 2001, est cohérente
à la réalité du terrain et montre que les régions Est sont bien les plus
concernées.
L’année 2002 marque une réduction générale, en terme de valeurs de
DL50 (dose létale 50 d’autant plus forte que l’insecte est moins
sensible à l’insecticide). Les régions sud-ouest à sud-est sont très
peu concernées mais, par contre, des zones intermédiaires, Ile de
France et Centre, le sont.
Les tests réalisés en 2003 montrent un retour à des niveaux de DL50
plus élevés et confirment que la résistance, au-delà de son aire nord-
est, semble bien progresser vers le Centre, la Normandie et la
Picardie.
Dans l’état actuel des réalisations, on considère que l’on est confron-
té à des résistances de type “métabolique” entraînant une dégrada-
tion de l’insecticide qui interviendraient par au moins deux voies
enzymatiques  indépendantes.

2003 a été une année favorable aux attaques de méligèthes, caracté-
risée par des envahissements massifs des cultures et des traitements
réalisés dans des conditions peu favorables à leur efficacité. A noter
que  les problèmes peuvent être plus aigus sur crucifères de
printemps (moutarde, radis porte-graine, colza de printemps), super-
ficies relativement faibles et sur lesquelles viennent se concentrer de
véritables pullulations d’insectes (insectes ayant hiverné, reports
des colzas d’hiver et/ou nouvelle génération).
Ailleurs,  en  Europe,  ce  problème  de  résistance  a  été  également
constaté en Suède, Danemark, Finlande, Allemagne et Suisse.

Risque

Certaines parcelles (isolées, en milieu autre que grandes cultures,
ou bordées de formations arbustives) sont plus particulièrement
menacées par les méligèthes. Cela s’explique par la proximité entre
zones  abris,  dans  lesquelles  les  méligèthes  passent  la  mauvaise
saison,  et  cultures.  Les  colzas  sont  colonisés  en  fonction  des
conditions microclimatiques locales et des seuils thermiques d’acti-
vité qui déterminent les possibilités de déplacement des insectes,

avec des vols courts ou des dispersions plus larges.
Les plantes disposent de capacités de compensations importantes
qui  peuvent  s’exprimer  de  différentes  façons  et  sur  une  longue
période de végétation (nombre de ramifications, quantités de siliques
productives, nombre de graines par silique et niveau de remplissage
des graines).
Dans de nombreux cas, des pertes de boutons importantes n’ont que
peu ou pas d’incidences sur les rendements. Malgré tout, dans les
situations extrêmes, avec plusieurs dizaines de méligèthes par
plante, les plantes peuvent s’épuiser à produire des boutons, au fur
et à mesure détruits par les insectes, et la parcelle devient impro-
ductive. La vigilance s’impose.

Observations

La cuvette jaune indique les périodes de vol et d’activité des insectes.
Cette information qualitative, localisée à la zone du piége, doit être
complétée de façon quantitative par des comptages sur plantes qui
permettent d’évaluer le niveau d’infestation de la parcelle et se
référer aux seuils d’intervention liés au développement des plantes.

Stades : le colza doit être à un stade sensible, D (boutons accolés) ou
E (b. séparés, pédoncules s’allongeant). La sensibilité diminue avec
l’augmentation du nombre de boutons et de leur taille. Les pertes de
boutons seront d’autant plus importantes que les insectes seront
nombreux et que la période de sensibilité sera longue (météo peu
favorable à l’évolution des stades). Dès l’ouverture des premières
fleurs (début F1), les méligèthes vont délaisser les boutons pour
consommer  le  pollen  libre  (Les  adultes  qui  s’activent  alors  sur
boutons sont des femelles qui cherchent à pondre. Dans ce cas, les
boutons utilisés se développent normalement).

Comptages : Opérer à l’intérieur de la parcelle (à plus de 10 m des
bordures). Ne pas examiner que les seules plantes les plus dévelop-
pées, les plus hautes et donc les plus attractives. Observer plante à
plante, 25 plantes prises à la suite sur le rang (ne sauter que les plantes
visiblement improductives). Répéter l’opération en plusieurs points
de la parcelle (les insectes peuvent être concentrés dans une zone
limitée du champ).

Seuils :  1 méligèthe par plante au stade D ;  2-3 m. au stade E. Pour
simplifier l’estimation, on peut décompter les plantes infestées et
évaluer le % de plantes attaquées. Ceci conduit à transposer les seuils
d’intervention : 50% de plantes atteintes au stade D ; 75% au stade
E (Méthode Champagne Céréales).
Cependant, on estime que des seuils plus élevés (utilisés dans
d’autres pays européens) pourraient être appliqués : 3-4 méligèthes
au stade D et 7-8 au stade E. Ces seuils ne peuvent toutefois pas être
systématisés sans précaution. Il convient de vérifier que la culture
présente un bon potentiel et que ses capacités à compenser sont
intactes : sol profond non carencé, plantes bien installées, saines et
vigoureuses.
Les récents essais réalisés confirment en effet que les seuils classi-
ques restent la référence pour les cultures qui, pour une raison ou une
autre, n’ont pas les moyens ou la possibilité d’exercer leur aptitude
à compenser. Ceci peut représenter une part importante des colzas,
cultures  fréquemment  implantées  en  “petites  terres”  et  souvent
amenées à peiner en fin de cycle.

 

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Traitement

Il doit viser la destruction d’insectes installés dans la culture. Pour
maximiser l’efficacité, une pulvérisation régulière et un mouillage
suffisant doivent être mis en œuvre. Eviter les heures chaudes de la
journée.
Même après seulement quelques jours, en cas de ré-infestation, le
produit appliqué ne sera pas efficace. Pour le sommet des plantes, là
où les méligèthes sont actifs, l’évolution accélérée de la végétation
aux stades D et E (différentiation et grossissement des boutons),
conjuguée avec la dégradation de la substance active (températures,
rayonnement), entraîne une dilution rapide des produits à des con-
centrations inefficaces.

Insecticides

Dans certaines régions, les populations restent sensibles aux pyréth-
rinoïdes et cette famille chimique continue à donner satisfaction. En
contexte de résistance, par contre, les produits jusqu’alors utilisés
n’assurent plus de traitements efficaces. 3 possibilités restent dispo-
nibles. Elles permettent d’espérer des efficacités relativement satis-
faisantes  et  de  mêmes  niveaux  (sans  atteindre  l’efficacités  des
pyréthrinoïdes habituels sur populations sensibles) :
- pyréthrinoïdes : Le tau-fluvalinate présente une relativement bon-
ne efficacité (résultat 2002, confirmé en 2003). La bifenthrine semble
amener une efficacité comparable (résultat 2003).
- organophosphorés : Le malathion, homologation ancienne, reste
utilisable (résultat 2003). D’un côté, on dispose ainsi d’une alterna-
tive en matière de famille chimique qui pourrait permettre de gérer au
minimum une situation dégradée. D’un autre côté, il faut bien consi-
dérer que l’interdiction du parathion-méthyl est venue stigmatiser
toutes les réticences qui s’opposent désormais à la préconisation de
telles molécules.
D’autres substances sont en cours d’étude, aucune homologation
n’est attendue à court terme. En contexte de résistance, mais aussi
dans les régions non concernées, il convient donc de préserver les
insecticides utiles de toute utilisation non raisonnée pour espérer
pouvoir conserver à moyen terme des possibilités de lutte chimique
(relativement) efficaces contre les méligèthes.

Recommandations

- Une intervention insecticide non raisonnée n’est pas seulement
inutile. Elle favorise les résistances et les inefficacités des produits.
Elle est néfaste pour la faune utile.

- La législation fait obligation de n’utiliser, dès l’apparition des
premières fleurs, que des insecticides portant la mention «emploi
autorisé pendant la floraison». Les applications doivent être réali-
sées en dehors des heures de butinage et ne peuvent en aucun cas
associer un pyréthrinoïde et un fongicide (consulter préalablement
la liste des mélanges autorisés). Ceci vise à protéger la faune utile,
les abeilles et autres pollinisateurs et, au delà, les auxiliaires.
Dès l’apparition des premières fleurs, un traitement méligèthes ne
se justifie plus. Le colza est une plante mellifère largement visitée par
la faune utile et en particulier par des parasitoïdes qui recherchent les
larves de méligèthes dans les boutons et les fleurs et jouent ainsi un
rôle prépondérant dans la régulation des populations de ce ravageur.

- Ces recommandations peuvent être utilement étendues à la période
qui précède la floraison. En effet, à une époque où les ressources
apicoles sont rares, il suffit de quelques fleurs de colza ou autre
source  de  nectar  ou  de  pollen  ou  de  miellat,  dans  les  parcelles

(adventices) ou dans les pourtours de champs (plantes herbacées
mais aussi ligneux : saules, noisetiers, ...), pour que les abeilles soient
présentes. A cette même époque, d’autres hyménoptères parasites
sont très actifs dans les parcelles. Ils interviennent alors comme
facteurs de régulation naturelle - reconnus efficaces - des popula-
tions d’altise d’hiver, de charançon du bourgeon terminal et des
charançons de la tige.
Le  malathion  est  toxique  pour  la  faune  utile.  Tau-fluvalinate  et
bifenthrine sont plus  respectueux des abeilles et la faune auxiliaire

Méthodes alternatives

Ces dernières années, un regain d’intérêt pour les méthodes alterna-
tives de lutte s’est manifesté. Dans la plupart des cas, on cherche à
installer  une  proportion  de  plantes  plus  précoces  dans  un  fond
végétatif qui correspond à la culture proprement dite.
Les plantes rajoutées sont destinées à retenir des insectes normale-
ment attirés par les stades phénologiques les plus avancés, de façon
à retarder leurs passages sur les plantes de stades plus sensibles. De
nombreuses modalités sont explorées. Aujourd’hui, les variétés de
colza  d’hiver  les  plus  cultivées  sont  déjà  plutôt  précoces,  il  est
difficile de garantir des décalages phénologiques importants. C’est
une piste prometteuse dans le cadre d’une agriculture plus durable
et de la réforme de la PAC.

CONCLUSIONS

Les méligèthes ont développé des mécanismes de résistances aux
pyréthrinoïdes.  Face  à  cette  problématique,  qui  pourrait  un  jour
concerner  d’autres  ravageurs  du  colza  ou  d’autres  cultures  sur
lesquelles l’usage des pyréthrinoïdes est trop généralisé, il convient
d’être vigilant. Les différents travaux effectués ces dernières années
permettent de préciser les pratiques recommandées dans la lutte
raisonnée contre les méligèthes.

- Respecter les stades d’intervention en évitant toute application dès
les premières fleurs (traitement inutile et néfaste pour la faune utile)

- La présence des premiers méligèthes ne doit jamais être un signal
de traitement impératif. Réaliser des comptages précis pour utiliser
correctement les seuils d’intervention. Ceux-ci peuvent être relevés,
à la condition impérative de prendre en compte le potentiel de chaque
culture et sa capacité à compenser les pertes de boutons floraux.

- Un volume de bouillie suffisant, des applications hors périodes de
fortes chaleurs sont à privilégier. Les pyréthrinoïdes habituels gar-
dent encore tout leur intérêt dans les régions à courte période de
sensibilité, non soumises à un régime de traitements répétés systé-
matiquement depuis des années, en l’absence de résistance avérée
(en l’absence de traitements devenus inefficaces).

- Le tau-fluvalinate et la bifenthrine présentent des efficacités relati-
vement bonnes qu’il convient de préserver, d’abord en évitant tous
les traitements inutiles.

- Le malathion, en tant que seule alternative chimique aujourd’hui
disponible aux pyréthrinoides, devra apparaître comme un dernier
recours,  à  réserver  aux  situations  très  difficiles.  Son  utilisation
demande un respect strict des préconisations d’emploi, notamment
en raison de sa toxicité sur les insectes utiles et des risques vis à vis
des abeilles.

 

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